Exposition Inde - Elodie Guignard et Delphine de Pury
24 janvier 2010
Elodie Guignard - “Le village de l’aurore”
24 janvier 2010
Le village de l’aurore…
Entre la délicatesse du regard d’Elodie Guignard et la générosité du don que font à son objectif les habitants de ce village hindou, il nous est donné de percevoir la matière subtile du lien qui les unit. Comme un rai de lumière oblique révèle les impondérables, la photographie d’Elodie Guignard nous parle de lien, d’entre deux, de rapports. Elle n’est pas ici un reportage. Elle ne nous démontre rien. Elle nous conduit dans des espaces impalpables. Espaces impalpables qui tout à la fois séparent et unissent les êtres dans leur communauté, qui tout à la fois les tiennent à distance et les relient à la nature où ils ont été proprement fondés à vivre, qui tout à la fois réunissent et mettent en tension la photographe et ses modèles…
Les personnes dans leur communauté
Le village voit le jour en 1980, au Bengale indien, afin d’accueillir des familles hindoues chassées du Bangladesh, récemment créé, par la guerre civile. Son fondateur, Gopal, dans le sillage de la non violence du mahatma Gandhi, rêve d’organiser une société nouvelle. Dans chaque œuvre mais plus encore dans l’étonnante unité artistique de leur chorus, Elodie Guignard laisse percevoir sans discours la coexistence, étonnante pour nous, d’une réussite déjà sereine avec une encore immense précarité. Si la guerre est finie, l’altérité face aux villages voisins demeure tendue ; le village subit régulièrement de graves inondations ; et la mort de Gopal vient d’ôter au village sa tutélaire protection. Tout cela n’empêche pas, autour de l’ashram, la diffusion d’une philosophie tolérante, la mise en œuvre patiente d’une agriculture efficace, la contagion des joies et des fêtes partagées. Autre troublant paradoxe, les photographies révèlent des hommes, des femmes, des adultes et des enfants extrêmement présents en tant qu’individus dans une communauté pourtant très constituée.
Des êtres au monde
Dans le droit fil de son œuvre, Elodie Guignard construit ses images indiennes de résonances entre les corps humains et la nature qui les entoure. De l’opulence verte du Bengale, elle met en lumière certains signes. De ses modèles, elle souligne la légèreté d’une main, la détermination dans un regard ou le déséquilibre d’une posture. Entre les uns et les autres des vêtements, des sols, des murs, des animaux familiers intercèdent en accord avec l’esprit et l’économie des lieux ; ils sont le plus souvent extraits par les hommes de la nature locale - coton, teintures, terre, bambou. Dans chaque image, sans démonstration mais avec une précision qui étonne, Elodie Guignard tisse un réseau subtil de correspondances entre couleurs, entre textures, entre formes. Elle peut ici composer sans trop d’artifice dans le contexte réel du village car plus qu’ailleurs, dans ce Bengale très peuplé, la nature est pétrie d’humain et l’humain soigné de nature.
Photographies par initiation
Ces œuvres ne sont pas des clichés volés. Pas même des prises de vue acceptées par autorisation locale. La plupart ont été réalisées avec la complicité active de modèles. Ces modèles, Elodie Guignard les connaît, et elle leur est connue. L’appareil est visible, le projet explicite, le cliché accepté en liberté. Les modèles adoptent l’étrange idée de poser hors du cadre officiel du portrait ; Elodie Guignard les amène à son projet tout en respectant leurs valeurs, leurs pudeurs, leurs lieux. Le geste photographique est ici un échange de dons, accomplissement de rencontres renouvelées, de compréhensions progressives, d’attachement réciproque. Elodie Guignard a pour cela été acceptée, présentée, puis initiée par Gopal. Les images qui nous sont données sont en elles-mêmes un entre-deux-mondes, produites par une double intention de découverte. Découvrir, c’est aussi se découvrir. Se découvrir, c’est aussi se désarmer. « Le village de l’aurore, photographies d’Elodie Guignard » témoigne de la double sensibilité d’une communauté de réfugiés hindous et d’une jeune artiste bretonne. Chacun saura percevoir aussi, dans les images, le moment de rencontre de la puissante détermination qui permet à chacune d’être là.
Yvon Le Caro, géographe, 29 novembre 2008
Elodie Guignard intègre l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles en 2001, et obtient son diplôme en Juin 2004, avec les félicitations du jury.
Elle vit et travaille à Rennes et développe une recherche autour de l’humain, du corps et de la relation au territoire, à la nature.
Delphine de Pury - “La rencontre”
24 janvier 2010
Au départ il y a eu la rencontre avec l’Inde, ce monde ou empathie, luxe et indigence, fleurs et ordures ne font qu’un ; j’ai aimé et photographié tous ceux qui m’offraient leurs regards, leurs formes et le spectacle de leurs vie quotidienne.
De voyage en voyage, j’ai exploré les petites villes et les villages du Nord et du Sud, et j’ai enregistré les formes et les visages cette vie rurale dont la mondialisation n’a pas -encore- détruit les traditions.
J’ai ainsi constitué une banque d’image de près de 4000 photos.
De retour dans mon atelier, ces photos sont devenues le matériel de base qui stimule mon souvenir et, plus encore, mon imaginaire. Elles m’ont permis de recréer, de réinventer ce monde que j’avais découvert. Autour des ces reflets de l’Inde, je recompose un jeu de formes et de couleurs, contrepoint visuel entre éléments plastiques et photographiques. Mon travail est achevé quand les deux médias, longtemps considérés comme antinomiques, s’unifient, reflétant mon expérience indienne de la non-dualité.
Delphine de Pury, née à Paris, s’est d’abord formée aux arts graphiques puis à New York au cinéma d’animation.
C’est à Amsterdam qu’elle a fait sa carrière professionnelle dans le dessin animé et dans l’animation culturelle. Elle a toujours, en parallèle, pratiqué la peinture. De retour à Paris depuis 2003, elle se consacre maintenant entièrement à son travail de création.
Nouvel arrivage de livres sur l’Inde
24 janvier 2010
Sacrifier et donner à voir en pays Malabar Gilles Tarabout Ecole Française d’Extrême-Orient 1986 Etude anthropologique Temple Inde 35 euros
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Babyji Abha Dawesar 10/18 2008 Roman Inde 4 euros
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André Malraux et la tentation de l’Inde Jean-Claude Perrier Gallimard Ambassade de France en Inde 2004 Essai et document : Malraux en Inde - illustrations 15 euros
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Paysans de la plaine du Gange Jacques Pouchepadass EFEO 1989 Essai agriculture Inde 35 euros
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Sacrifier et donner à voir en pays Malabar Gilles Tarabout Ecole Française d’Extrême-Orient 1986 Etude anthropologique Temple Inde 35 euros
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Littératures médiévales de l’Inde du Nord Françoise Mallison Efeo 1991 - avec illustrations Littérature Inde 30 euros
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Littérature orale villageoise de l’Inde du Nord Richard Garcia - Catherine Champion Efeo 1989 - avec illustrations Littérature Inde 25 euros
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Masterpieces of Gandhara Art in Pakistan Unesco 2003 - illustrations - en anglais Art Bouddhisme Ghandhara Pakistan 20 euros
Nouvel arrivage de livres sur la Chine
23 janvier 2010
Shan Eric Van Lustbader Acropole 1989 Roman Chine-Japon 8 euros
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Le rêve Jin Si Yan - Maurice Bellet Desclée de Brouwer 2000 Littérature Chine 6 euros
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Empress orchid Anchee Minn Bloomsbury 2005 - en anglais Roman Chine 6 euros
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Itinéraires 95 Ville de Levallois 1995 - illustrations Exposiiton art contemporain - Chine 12 euros
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Quand la Chine s’eveillera Alain Peyrefitte France Loisirs 1973 - illustrations Essai Chine 10 euros
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Touring metropolitan Shanghai Shanghai Publishing House 1984 - illustrations Shanghai - guide années 80 12 euros
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Un cheval blanc n’est pas un cheval Lisa Bresner et Chen Jiang Hong Archimède 1996 Enigmes Chine - Livre pour enfant 8 euros
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Les apparitions de la Vierge en Extrême-Orient Patrick Sbalchiero Presses de la renaissance 2008 Asie et catholiques 10 euros
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Les arts martiaux Laurent Robertson Nathan 2008 - avec illustrations Arts martiaux - livre pour enfants 6 euros
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Haute Chinese cuisine Yuji Wakiya Kodansha 2008 - avec illustrations Cuisine Chine 15 euros
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La joueuse de go Shan Sa Grasset 2001 Roman Chine 8 euros
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Monsieur le Consul Lucien Bodard Le Livre de Poche 1976 Roman Chine années 30 (Tcheng Tu) 4 euros
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Paroles du Bouddha Seuil - Points Sagesse 1991 Spiritualité - Bouddhisme 5 euros
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Le Bouddha et le bouddhisme Maurice Percheron Maîtres spirituels 1992 - illustrations Spiritualité - Bouddhisme 7 euros
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Tao Te King Lao Tseu Albin Michel Spiritualités vivantes 1984 Philosophie Taoisme Chine 5 euros
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Shanghai Time Out 2007 - illustrations - anglais Guide ville de Shanghai - Chine 8 euros
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La Chine Les Editions J.A. 1989 - illustrations Guide de tourisme Chine 6 euros
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Géographie universelle - L’Asie Orientale Elisée Reclus Hachette 1882 - cartes - illustrations Géographie Chine - Corée - Japon 150 euros
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New photography in China John Millichap 3030 Press 2006 - avec photos - en anglais Photographie Chine 25 euros
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Visions of Buddhist life Don Farber California 2002 - avec photos - en anglais Bouddhisme dont Thaïlande - Népal - Tibet 25 euros
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Encounters with China - Merchants, Missionnaries and Mandarins Trea Wiltshire Form/Asia 1995 Photos anciennes Chine 30 euros
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Suzhou China Raiway Publishing House 2007 - anglais Art, architecture, patrimone, jardin Chine - illustrations 12 euros
Exposition de photographies Japon de Megumi Ohguri, Philippe Timmerman et Patrick Rimond
Du 5 décembre 2009 au 21 Janvier 2010
Photographies de Megumi Ohguri
Megumi Ohguri nous présente deux séries de photos, l’une réalisée au Japon et l’autre à Paris : La première série : next to the things, est inspirée d’une poésie japonaise :
見えることと見えないこと
あちら側とこちら側
会話に生まれる湿原
空に落ちるマンホール
コンクリートの中の深海
境界の狭間にあるものは?
否、境界などそこにはない
時間は現実を物語る
La différence entre ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.
Le côté là-bas et celui-ci.
Une plaine marécageuse née de la conversation.
Un regard d’égout qui va vers le ciel.
Un abysse dans le béton.
Quelque chose existe-t-il dans l’extrémité infime ?
Non, là, ni limite, ni rien.
Le temps raconte la réalité.
Oui ou non ? Oui.
Megumi nous présente également une seconde série : Paysage d’une fenêtre :
A première vue, une fenêtre est une chose bien réelle.
Pourtant, la fenêtre que je photographie n’existe pas.
Je m’explique : quand nous regardons un film, nous voyons des images défiler sous nos yeux. Or pour voir ces images, il faut un écran, un support sur lequel les projeter. Mais il ne faut pas que l’écran, en tant que chose réelle, soit vu pour ce qu’il est. Sa réalité est première, comme condition d’apparition des images du film mais en tant que tel, l’écran doit rester secondaire pour ce qui concerne notre expérience perceptive du film. Car dans l’expérience esthétique du film, seules comptent les images qui défilent devant nos yeux et leur signification.
Pour nous, c’est comme si l’écran n’existait pas.
De la même façon, dans cette série de photographies, il en va de la fenêtre comme il en va de l’écran au cinéma. La fenêtre n’existe pas en tant que chose, elle n’a de réalité que comme condition, comme cadre, c’est l’instrument de la médiation.
Comme toute limite un cadre n’existe pas en soi : il n’a de sens que pour la possibilité qu’il offre à tout le reste, comme forme pure de l’espace. La fenêtre que je photographie figure ainsi la représentation d’un espace au sein duquel la temporalité elle-même se dévoile. Cette temporalité est incarnée par la succession d’événements aussi bien déterminés que fortuits. Et je voudrais que l’on reconnaisse dans cet espace la totalité de l’histoire humaine. Mais la fenêtre n’est pas pour autant un prétexte ou un artifice : sa réalité architecturale exprime généralement l’extériorité. Une fenêtre donne toujours sur quelque chose d’autre qu’elle-même. Ici, extériorité et intériorité se mêlent en une réalité indissoluble. De même, l’espace ordinaire et habituel de la fenêtre rend visible l’espace comme condition de toute spatialité. Ces photographies sont ainsi la mise en abîme de la fenêtre comme cadre de tout expérience perceptive.
Megumi Ohguri : Quatre séries de photographies de Megumi ont été choisies pour la collection du musée photographique de Kiyosato dirigé par Eikoh Hosoe. Quelques expositions : Shangai Art Fair ( 2006-07), Mois OFF de la photo à Paris ( 2008), Gaia Auction (2009)
Photographies de Philippe Timmerman
Philippe Timmerman nous présente sa série “calligraphie” :
La photographie est étymologiquement tracé, écriture avec la lumière.
Les corps sont sculptés, écrits par les joies, les souffrances, les blessures, les cicatrices, les rides du temps, les rencontres, la caresse du toucher…
L’empreinte du geste confirme que « le plus profond est la peau ».
Faire surgir de l’ombre, des corps, les réécrire, mettre en évidence les rapports de ces corps avec l’écriture, la calligraphie,
avec cet ensemble de signes qui renferment les secrets de différentes cultures.
D’autre part, la nature, les éléments du paysage nous offrent de nombreuses évocations anthropomorphes, arbres, galets…
aussi le désir de confrontation des visages, des corps avec le végétal, le minéral est fort.
Nous vous invitons à rentrer dans ce jeu de circulation de signes
Philippe Timmerman : collection publique Centre Régional de la Photographie( NPDC), FCBAM, BNF, Mois OFF de la photo Paris 2008
Photographies de Patrick Rimond
Aziart propose des coffrets photos avec le travail de Patrick Rimond : Présentation des séries « regard sur soi » et « urban beings », réalisées à Osaka à travers une sélection de deux ou trois photographies couleur, proposées dans un coffret.
Patrick Rimond : Transphotographiques 2005, Hospice d’Havre 2008, Tokyo Art Museum 2009
Livres sur la photographie japonaise
De retour du Japon, Aziart, spécialisé sur l’Asie, installe le 5 décembre 2009 à la galerie Impressions son univers japonais en proposant une centaine de livres de photographie neufs, certains signés.
Aziart proposera aussi quelques livres plus rares et quelques éditions limitées.








